Scènes

« Parler de Didier, c’est parcourir une longue histoire de vie, d’amitié et d’admiration. Comme c’est une personne timide et réservée, il m’a proposé de me raconter – c’est-à-dire, comment je l’ai rencontré – pour donner un sens aux sublimes photos qu’il a faites de mon spectacle DESEO en 1992/93/94. Eh oui, il faut rembobiner, nous étions encore à l’argentique !

À cette époque-là, j’étais arrivé à Paris depuis peu de mon Brésil natal pour suivre
ma formation de psychologue – garantir mes papiers d’étudiant, mon permis de séjour –, continuer mes recherches en théâtre et en danse – qui m’intéressaient tout autant sinon plus et pour lesquelles j’étais déjà un « jeune plein de promesses » à Rio de Janeiro –
et cette curiosité qui me pousse toujours à vouloir aller plus loin.

C’est alors que la rencontre a eu lieu. En suivant des cours de danse classique, orientale, flamenco, afro-brésilien et tango argentin au Centre du Marais, je fis la connaissance
de « trois Grâces » : Isabelle, Sophie et Fabienne. Oui, il y avait aussi les copains (Gabriel, Sylvain, Imed, etc.), mais ces trois beautés ont capté mon amitié. Nous faisions partie

de la Compagnie de Lia Nanni (professeure argentine de tango) et nous répétions
des chorégraphies réglées au millimètre. Avec elles, j’ai même fait le « cosaque » dans des chorégraphies de Mme Karlink ! Évidemment, nous étions tous célibataires et la tête pleine de projets que chacun a perfectionnés. Tout autour, nous avions nos admirateurs/ admiratrices qui ne rataient pas une occasion de venir nous soutenir.

Ce fut le moment où Didier est apparu, toujours avec son appareil photo. Fabienne était
sa muse, la plus « ballerine » du groupe, avec son corps élancé, ses jambes, ses bras,
et surtout sa sympathie (aussi mesurée que lui). Quand je pense à la quantité de sacs remplis de toutes sortes de vêtements de scène que nous transportions alors (et encore aujourd’hui !) je me dis qu’avant tout, les artistes sont formés au métier de porteur. Didier, en parfait gentleman, était toujours là pour aider Fabienne à transporter ses affaires en plus de son matériel de photo – et il venait de Paris en toute discrétion, impeccablement. J’admirais
ce dévouement tandis qu’il nous éblouissait avec ses clichés de débutant.

L’amour produit bien de belles choses... »

Chico Terto